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Mycophyto : L’agriculture (s’) appuie sur le champignon

A l’heure où la recherche revient malgré elle sur le devant de l’actualité, on s’aperçoit qu’elle ne s’accorde pas toujours avec les impératifs de rentabilité exigés par le monde des affaires. Certes de nombreux exemples démontrent qu’un investisseur peut attendre quelques années voire plus avant d’avoir un retour sur son investissement, mais cette démarche reste (encore) exceptionnelle, surtout si elle bouscule l’ordre établi des lobbies et des multinationales … C’est pourtant ce qu’a choisi Mycophyto, petite start-up basée à Sophia-Antipolis et créée en 2017 par Justine Lipuma (Docteure en microbiologie) et Christine Poncet (INRA).

Quel est son objectif ?

L’entreprise se propose ni plus ni moins de se passer des pesticides, des engrais et de promouvoir la diversité des cultures dans un contexte de réchauffement climatique, d’augmentation de la population mondiale donc des besoins, et de baisse des terres arables[1].

Comment ?

Mycophyto (du grec Mukês : champignon, Phyte : plante) se propose d’utiliser les propriétés des champignons micorhiziens qui favorisent le développement racinaire. La croissance végétale  est alors accélérée permettant une augmentation des rendements sans utiliser plus d’eau grâce à une espèce de mutualisation des ressources effectives via ces champignons…

La plante accueillante entre alors en symbiose avec ces « aides » et résiste mieux à des éléments perturbateurs comme les polluants, les pathogènes…Il existe au moins 250 espèces de champignons micorhiziens qui sont très peu commercialisés.

Les premières recherches validées démontrent une efficacité accrue des champignons dans les zones arides, c’est-à-dire précisément là où le changement climatique est le plus fort.

C’est d’ailleurs un des axes fort de l’entreprise : monter en puissance par la recherche et la collaboration locale pour que la petite équipe puisse avancer et offrir des solutions adaptées à chaque agriculture locale.

Et maintenant ?

La levée de fonds effectuée l’année dernière (2019) pour 1,4M d’euros a réuni plusieurs acteurs locaux, bien aidée par la récompense au concours d’innovation i-Lab décerné par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et en partenariat avec Bpifrance. En étant reconnue innovante et deeptech (disruptive), l’entreprise Mycophyto va pouvoir intensifier le recueil des données et solliciter l’IA pour constituer des modèles prédictifs, adapter chaque solution à chaque besoin. Nul doute que des partenariats vont se créer, une autre levée est déjà programmée pour la fin 2021.

En France (et ailleurs également), on assiste a de l’Agribashing (dénigrement de l’agriculture) qui se confond trop souvent avec un dénigrement de l’agriculteur poussé économiquement toujours plus loin dans ses retranchements. Les solutions Mycophyto peuvent peut-être apporter de réelles solutions pour réconcilier agriculture(eurs) et population, c’est donc bel et bien une entreprise qui fait bien en bien faisant.

Pour aller plus loin :

http://mycophyto.fr/

http://www.biofertilisants.fr/zoom-les-champignons-mycorhiziens/

https://www.lesechos.fr/pme-regions/innovateurs/mycophyto-veut-doper-les-recoltes-avec-les-champignons-mycorhiziens-1134491

https://marseille-latribune-fr.cdn.ampproject.org/c/s/marseille.latribune.fr/innovation/2020-03-18/mycophyto-cette-deeptech-qui-fait-la-preuve-du-concept-842569.html?amp=1


[1] Selon le Syndicat des Jeunes Agriculteurs en 2011, cela représentait 26m2/semaine soit 820Km2/an soit la surface de l’Alsace en 10 ans.

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